Mark KnopflerLe Sorcier aux Doigts Nus
Pas de médiator. Pas de chichis. Juste les doigts posés sur les cordes et un son qui redéfinit le mot « expressivité ». Mark Knopfler joue exclusivement aux doigts, pouce, index, majeur, ce qui confère à chaque note un grain organique, chaud et légèrement percussif qu’aucun médiator ne peut reproduire. Son secret ultime : le sélecteur de micros en position 2 (micro manche + micro milieu), ce son « in-between » claquant, pincé et cristallin qui propulse « Sultans of Swing » dans la stratosphère.
Les 3 piliers du son Knopfler
Pilier 1 : La Fender Stratocaster et le secret de la position 2
La Strat est l’ADN absolu du son de Knopfler. Mais ce n’est pas n’importe quelle position : il utilise quasi-exclusivement le sélecteur en position 2, c’est-à-dire micros manche et milieu simultanément. Ce réglage « in-between » ou « quack » produit une annulation de phase partielle qui crée ce son pincé, claquant et cristallin impossible à reproduire autrement. Knopfler a d’ailleurs longtemps utilisé une Strat de 1961 à micros vintage en alnico, dont les bobinages plus faibles accentuent encore cet effet. Anecdote : lors de l’enregistrement de « Sultans of Swing » en 1978, Knopfler jouait sur une Strat à 100 livres achetée d’occasion. Ce son « cheap » est devenu l’une des signatures sonores les plus reconnaissables du rock.
Pilier 2 : Le Fender Twin Reverb, l’ampli du clean parfait
Knopfler branche en général directement sa guitare dans un Fender Twin Reverb, sans pédale de distorsion, sans artifice. Le Twin, avec ses deux haut-parleurs 12 pouces et sa tête de pont toutes lampes de 85 watts, délivre un son d’une pureté et d’une définition absolue, capable de restituer chaque nuance du jeu aux doigts. Volume sur 3-4, présence sur 7, basses légèrement coupées : le son chaud, aéré et précis de « Romeo and Juliet » ou « Private Investigations » vient de là. Anecdote : Knopfler n’utilise pratiquement aucune pédale d’effet en live. Son pédalboard se résume souvent à un simple compresseur, parfois un léger chorus. Tout le reste vient de ses doigts.
Pilier 3 : Le compresseur discret, le seul secret de la chaîne
Si Knopfler utilise une seule pédale de manière quasi-systématique, c’est un compresseur à seuil bas et à ratio modéré. Son rôle : niveler les différences de dynamique entre le pouce (grave, fort) et les doigts (aigu, plus léger), et ajouter ce sustain nacré qui fait sonner chaque note comme si elle ne voulait jamais s’éteindre. Le MXR Dyna Comp vintage est souvent cité dans son rig des années 80. La règle : le compresseur ne doit pas s’entendre : il doit juste « coller » le son. Anecdote : Mark Knopfler a refusé pendant des années d’utiliser des guitares à manche en ébène ou palissandre autre que rosewood, estimant que le caractère du bois influe directement sur le « quack » de la position 2.
Les 3 configurations
Reglages par morceau
MON RETOUR PERSO : MA FENDER AMERICAN VINTAGE
Je joue sur une Fender American Vintage, et honnêtement, une fois les bons réglages trouvés, c’est un pur bonheur de rejouer « Sultans of Swing » dessus. Le secret tient en une seule manipulation : passer le sélecteur en position 2 (micro manche + micro milieu). Dès que ce « quack » caractéristique sort de l’ampli, on comprend immédiatement pourquoi Knopfler n’a jamais eu besoin de médiator ni d’effets compliqués pour se faire reconnaître entre mille.
Ce qui change tout, c’est de jouer entièrement aux doigts : pouce pour les graves, index et majeur pour le reste. Les premières fois, la main droite tâtonne un peu, mais au bout de quelques séances le geste devient naturel et les notes sortent avec ce grain rond et légèrement percussif qu’aucun médiator ne reproduit. Sur une American Vintage avec des micros vintage-style, le rendu est bluffant de fidélité, et rejouer ce riff d’intro donne à chaque fois la même satisfaction.
Pour aller plus loin
L’album de référence absolue
Dire Straits, Brothers in Arms (Half Speed Master, 1985)Money for Nothing, Walk of Life, So Far Away, Your Latest Trick. L’album le plus vendu du groupe, remasterisé à demi-vitesse par Abbey Road Studios. À écouter pour saisir toute la production léchée du son Knopfler des années 80.
Tablatures, Hal Leonard
Play Guitar with Dire StraitsLes arrangements officiels pour guitare des plus grands titres de Dire Straits. Idéal pour apprendre le fingerpicking façon Knopfler.
Tablatures, Music Sales
Dire Straits, Sultans of SwingLa partition complète et les tablatures de « Sultans of Swing », le titre fondateur. Chaque nuance du jeu aux doigts de Knopfler décryptée note par note.
FAQ
Oui, c’est l’élément non négociable. Le médiator gomme complètement ce grain rond et percussif qui définit son style. Ça prend quelques séances à maîtriser, mais c’est la base de tout.
La position 2 (micro manche + micro milieu) sur une Stratocaster à 5 positions. C’est ce réglage « in-between » qui produit le fameux « quack » entendu sur Sultans of Swing.
Largement, pour la maison et l’apprentissage. Le Fender Mustang LT25 simule très bien le grain Twin Reverb. Pour la scène, rien ne remplace un vrai ampli à lampes.
Non, c’est même l’inverse. Knopfler joue quasiment sans effets : un léger compresseur suffit. Le son vient avant tout des doigts et du réglage du sélecteur.
Mis à jour en juillet 2026. Prix indicatifs constatés sur Thomann.fr, susceptibles de varier.

